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Books Year : 2020

Les migrations internationales en Afrique centrale

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Pierre Kamdem

Abstract

L’Afrique centrale est restée longtemps en retrait des savoirs sur les migrations internationales, malgré la prise de conscience graduelle du rôle croissant de ce phénomène , tant en ce qui concerne la reformulation rationnelle des politiques publiques, dans les principaux pays industrialisés, que pour ce qui concerne les questions de développement, dans les pays de départ des migrants aux prises avec les enjeux des droits de l’Homme. Cette relative marginalisation de l’Afrique centrale s’explique, en partie, par le prisme « occidentalo-centré » qui caractérise la majeure partie des travaux de recherche et des intérêts publics, manifestés jusqu’alors par les organismes, institutions et structures constitués et destinés à cette fin. Le volet « immigration » hors du continent semble avoir, jusqu’alors, primé en termes de considération des espaces de mobilisation, de stratégies et de recherche de résultats dans les commandes des principaux bailleurs en la matière. Même si le volet « émigration » depuis la sous-région a parfois été mobilisé, il s’agit, particulière-ment, de périodes où le principe de « frontière », adossé à celui de « souveraineté », n’avait pas atteint le stade de maturation nécessaire à l’apaisement des tensions autour de la mise en place des États-nations. L’affermissement du mouvement de gouvernance mondiale, de la SDN à l’ONU , se prolonge actuellement par une restructuration des équilibres mondiaux, à travers l’optimisation progressive des regroupements régionaux . Il permet ainsi à l’Afrique d’être progressivement prise en compte, certes de manière différenciée, dans la production de connaissances sur le phénomène migratoire. Or, au regard de la situation de l’Afrique centrale, le prolongement du processus d’affermissement de la gouvernance mondiale, évoqué par ailleurs, achoppe encore autant sur l’inachèvement des mobilités pré-indépendance (autour du lac Tchad, en interaction avec la lisière dynamique de la zone forestière du bassin du Congo), que sur l’émergence de nouveaux espaces stratégiques postindépendances (les Zones économiques exclusives du golfe de Guinée). Il apparaît, à ce titre, difficile d’aborder cette question des migrations internationales en Afrique, en général et plus spécifiquement, en Afrique centrale, sans garder à l’esprit le dilemme majeur se posant à ces jeunes États-nations. Il s’agit de la prise en compte, périlleuse et simultanée, des anciennes dynamiques démographiques locales, encore partiellement en cours, avec de nouvelles donnes territoriales extrêmement conflictogènes . Il en ressort des enjeux globaux, portés par des pressions sur les ressources naturelles (placers miniers en RCA et RDC, façade maritime du golfe de Guinée, Bassin forestier du Congo et péjorations climatiques). Cette faible visibilité du phénomène migratoire en Afrique centrale ne témoigne nullement d’une inactivité en la matière dans la sous-région. Elle révèle plutôt l’extrême complexité de la situation à laquelle les pouvoirs publics de cette sous-région sont confrontés. Dans la perspective d’évaluer les capacités des différents acteurs à répondre aux enjeux et défis juridiques, politiques et pratiques, inhérents à ce phénomène, cette étude, commanditée par l’ONG Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), se structure en deux grandes parties. La première est consacrée à l’établissement d’un état des lieux du phénomène migratoire dans la sous-région. Elle met en évidence les principaux éléments structurants du système migratoire sous-régional quant à leurs capacités à impacter les dispositions normatives, politiques et pratiques des faits migratoires dans cette sous-région où se dégagent deux sous-systèmes en fonction de leur proximité ou non de la mer. Il sera donc question de faire un état des lieux, autant à partir des facteurs spécifiques, animant le système migratoire sous-régional qu’en termes de dynamiques des flux, et les répercussions, d’ordre normatif, politique et pratique, qui en impactent la gouvernance. Cette première partie s’achèvera par des recommandations à caractère sous-régional, appelant à la rationalisation des dispositions juridiques, politiques et pratiques des migrations internationales. Une approche par l’étude de cas-pays constituera la seconde partie de cette étude. Cette partie abordera, d’abord, le cas du Cameroun, pays qui constitue une zone de transition présentant les caractéristiques des deux sous-systèmes mentionnés. Ensuite, on évoquera les cas particuliers du sous-système océanique principalement marqué par une immigration de travail avec une certaine propension à l’irrégularité dans les pays qui le constituent : le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo-Brazzaville. Enfin, on traitera le sous-système continental, particulièrement traversé par les migrations involontaires de proximité, voire internes (PDI). Dans ce sous-système, un défi majeur des droits de l’homme est observé. Tels sont les enjeux et défis auxquels les acteurs sont confrontés dans cette sous-région « Afrique centrale », où les instruments juridiques, les démarches politiques et les pratiques d’acteurs semblent encore peiner à offrir des réponses adéquates au regard des principaux indicateurs en la matière, à l’image des caractéristiques d’ensembles de la sous-région.
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Dates and versions

hal-03187654 , version 1 (02-02-2022)

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  • HAL Id : hal-03187654 , version 1

Cite

Pierre Kamdem (Dir.). Les migrations internationales en Afrique centrale : Lois, politiques et pratiques. African Minds pour Open Society Foundations, 2020, 978-1-928502-18-0 Print; 978-1-928502-19-7 Ebook; 978-1-928502-20-3 e-Pub. ⟨hal-03187654⟩
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